Mercredi 21 janvier 2009
"Il y a présentement ce qu'on appelle une crise dans le monde. C'est comme un de ces grands événements épidémiques qui survenaient au Moyen-âge et qui traversaient les pays. Et tous les hommes connaissaient la peur.
Cette crise est arrivée au moment même où le monde se sentait de nouveau prospère et confiant, sans avoir été présagée par ces comètes en forme de flamme ou d'épée que savaient voir les astrologues. Il n'y a pas eu de signes ni d'annonciations au milieu de la nature : cet événement ne concerne que les hommes, leurs machines, leurs marchandises, leurs monnaies, leurs Etats et leurs idées."
Face à cette crise mondiale :
- des mots, des gros mots ont cessé d'exister, en faire une liste exhaustive serait bien trop long, mais citons-en quelques-uns :
1. capitalisme,
2. exploitation,
3. révolution,
4. communisme,
5. marxisme,...
- des phrases ne peuvent plus être prononcées :
1. Expropriation de la propriété foncière et affectation de la rente foncière aux dépenses de l’État.
2. Impôt fortement progressif.
3. Taxation de l'héritage.(comme au Japon)
4. Confiscation des biens de tous les émigrés.
5. Centralisation du crédit entre les mains de l’État, par une banque nationale, dont le capital appartiendra à l’État et qui jouira d'un monopole exclusif.
6. Centralisation entre les mains de l’État de tous les biens communs, transport, eau, électricité, gaz, courrier, et pourquoi pas air.
Des gros concepts (Deleuze) sont utilisés à tout bout de champ :
1. Démocratie (libérale, bourgeoise, populaire, on ne sait ou plutôt on sait trop bien de quoi il s'agit)
2. Droits de l'homme, surtout ailleurs mais pas chez nous. Quels sont les droits des SDF, des sans-papiers, des mal-logés, des salariés jetés à la rue car non rentables, trop vieux, improductifs. Parlons plutôt du Tibet, d'autant plus que son histoire nous est inconnue.
3. Fin de l'histoire, la démocratie libérale sera partout triomphante.
4. Terrorisme, prétexte fallacieux pour générer une peur générale, la peur de l'autre.
5. Etats voyous (Derrida), mais qui décide de l'attribution de ce qualificatif.
6. Islamisme, une autre culture, une autre façon de vivre, de quel droit l’Occident chrétien se permet-il de juger ?
Le pire est que ces concepts sont l'objet d'un concensus général, politiquement corrects qu'ils sont. Les
appareils idéologiques sont à l'oeuvre et il est difficile d'y échapper. Et le capitalisme ne peut être réformé (une société plus juste, plus humaine, antienne cent fois rabâchée et jamais
réalisée), de plus en plus vorace, produisant encore plus de pauvreté et son corrélat la misère.
Alors ?